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De Mario à Jesperi !

Hier soir, en affrontant les Maple Leafs à Toronto, Jesperi Kotkaniemi est devenu le plus jeune joueur des Canadiens de Montréal à avoir foulé la glace lors d’un match régulier de la LNH depuis Mario Tremblay, qui a fièrement porté le chandail Canadien durant 12 saisons. Le Bleuet Bionique, né le 2 septembre 1956, avait débuté sa carrière avec le grand club après avoir disputé les 15 premiers matchs de la saison 1974-75 dans le club-école, les Voyageurs de la Nouvelle-Écosse à l’âge de 18 ans.

Lors de l’affrontement d’hier, Kotkaniemi est également devenu le premier joueur né dans les années 2000 à avoir évolué dans l’un des 4 sports majeurs en l’Amérique du Nord. Un fait intéressant à insérer dans sa biographie, sans plus. En fait, le véritable exploit est de jouer dans la ligue nationale à l’âge de 18 ans, mais plus que jamais, nous voyons ces jeunes joueurs intégrer la LNH rapidement.

Le point tournant de ce phénomène se trouve à l’intérieur de la convention collective, signée après le long lockout de 2004-05. Le plafond salarial marque la fin des équipes qui gèrent leur équipe à la Yankees de New York. L’implantation du plafond salarial force les directeurs généraux de la ligue nationale  à faire des choix judicieux afin de présenter un alignement compétitif. Payer six salaires de « joueurs de franchise » n’est plus une chose possible. Cela les force à dénicher les petites perles qui se trouvent partout sur la planète.

Les rangs inférieurs sont remplis de joueurs qui possèdent le talent pour évoluer sur les patinoires de la LNH. Ainsi, cherchant sans cesse l’élément manquant à bas salaire, les réseaux de recrutement se développent. Bien entendu, aucun recruteur aspire à trouver un Peter Stastny en Slovaquie en 2018. Il fallait chercher, trouver et développer les hockeyeurs dont le profil était celui d’un joueur qui n’a pas tous les atouts pour devenir une étoile, mais qui a la capacité de tirer son épingle du jeu comme Jesperi.

De plus en plus, les belles trouvailles sont petites et vites sur leurs patins comme les Martin St-Louis. La vitesse est donc priorisée. La resserrement dans l’application du livre des règlements aidant, graduellement, la ligue nationale se transforme et l’accrochage à outrance devient chose du passé. Les mises en échec à la Scott Stevens dépassées. La place des joueurs de talent au petit gabarit est maintenant de mises. Ces hockeyeurs, contournent les Hal Gill, évitent les Darius Kasparaitis, dépassent les Dwight King et servent des tasses de café aux Douglas Murray.

Les entraîneurs à travers la ligue ont adapté leur système de jeu pour faire face à la nouvelle réalité en faisant de plus en plus de place à la jeunesse. La porte est maintenant grande ouverte. La différence entre un jeune joueur de 18 ans exeptionnel et un joueur moyen plus âgé est bien entendu la maturité physique. Les jeunes sont rapides, agiles, bâtis et formé, mais ils n’ont pas la maturité de l’homme. Par contre, le soin investi dans leur développement intégral a atteint un niveau remarquable.

Loin, l’époque où les joueurs s’exerçaient chez Molson durant la saison chaude. Aujourd’hui, les joueurs de 18 ans ont recours au nec plus ultra des entraîneurs personnels, sur et hors de la glace, des préparateurs physiques, des psychologues sportifs, des nutritionnistes, des appareils et des techniques des plus sophistiquées. Des sommes importantes sont plus que jamais investies dans leur développement. Le changement entre la LNH d’aujourd’hui et celle d’autrefois se voit à l’oeil nu !

Les McDavid, les Eichel et les Laine, les Svechnikov et les Kotkaniemi influencent énormément la ligue et forcent les Crosby de ce monde à se surpasser pour rester au sommet de la montagne.

Jorge Rodrigues

Crédit photo : thehockeynews.com

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