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FOCUS PRICE !

Maintenant que le camp d’entrainement est derrière nous, deux  points importants subsistent chez le Canadien. Le premier excite. Le deuxième inquiète. L’impact qu’aura Kotkaniemi et… Carey Price. Boum!

Price ne joue plus comme un gagnant du trophée Hart. Pire, il ne joue plus comme une étoile de la ligue nationale. Encore pire, il ne garde plus les buts comme un bon de sa profession. Le comble, il performe moins bien que son gardien substitut !

Un passage à vide à un moment donné ou un autre dans la carrière d’un athlète, même chez une superstar, n’a rien d’anormal. Dans le cas de notre joueur de concession, on parle d’une saison com-plè-te bien en deçà des standards ! Une saison de misère pour le club en entier vous direz ? Okay ! Alors pour quelles raisons Antti Niemi, obtenu via le ballotage en novembre dernier, a des statistiques incomparables ? Je précise pour éviter toutes confusions ; incomparables dans le sens que les chiffres du vieux Niemi sont… vraiment supérieurs ! Chaque dixième de moyenne ou de pourcentage d’efficacité est important.

Laissons parler les chiffres justement. En 2017-18, Carey a entamé 48 des 49 matchs auxquels il a pris part. Niemi, 20 des 24. Cela indique que le Finlandais a relevé l’autre 4 fois. Une seule fois Price a dû travailler, alors qu’il avait pris congé. La fiche de Carey, 16-26-7 et celle de Antti avec les Canadiens, 7-5-4. Vous vous dites qu’il a dû être d’office contre des adversaires de bas niveau ? Pas du tout !

Pourcentage d’efficacité de 90,0% pour l’homme de 10,5 millions, 92,9% pour l’homme de 950,000. 3,11 pour la moyenne de buts alloués de Carey et de 2,46 pour celui qui a très bien protégé le filet toute l’année.

Le gagnant de la coupe Stanley avec Chicago a connu qu’un-seul-mauvais-match ! 1 sur 24, c’est admirable. Il a mal fait qu’une seule fois à Las Vegas où il a concédé 3 buts en une demi-période et avant d’aller rejoindre sur le tabouret.

En cette saison préparatoire, sans trop parler de chiffres, nul besoin d’être un expert en hommes masqués pour voir que le 37 a mieux paru que le 31. Avant de débuter la dernière partie contre les Sénateurs, la fiche de Price était de 1-1-0, 3,58 et 86,4%. Vous connaissez la suite, 3 buts dans les 2 premières périodes et Niemi, zéro but pour le dernier bout. Sa fiche avant ce match, 1-1-0, 2,03 et 93,0%.

Mêmes coéquipiers, même système de jeu, même entraîneur des gardiens. Que se passe-t-il ?

Nous assistons à une baisse de régime que nous pouvons presque qualifier de jamais vu pour aucune raison apparente Comprenons que Price se trouvait au sommet de la montagne en 2014-15. Hart, Ted Lindsay, Vezina, Jennings, meilleure moyenne, 10 blanchissages. Ce qui est un de moins que Fleury.

La saison suivante il prend part à seulement 12 matchs avant qu’il subisse une autre sérieuse blessure qui le mets K.O. pour le reste de la saison. Il récolte tout de même 10 victoires avec une moyenne de 2,06 et un pourcentage d’arrêts de 93,4. Après ce très long congé, il revêt l’uniforme unifolié et Babcock en fait son gardien de confiance lors de la Coupe du monde 2016. Il garde les buts durant tout le tournoi et le termine avec la médaille d’or au cou, sans parler de celle des Olympiques de Sotchi en hiver 2014. 2016-17, le cerbère est finaliste pour l’obtention du Vezina en remportant 37 parties en 62 départs. 2,23 buts en moyenne et 92,3% d’efficacité. Ensuite, le gros nuage.

Nous devons écarter la possibilité d’un problème de santé. Bergevin n’aurait jamais consenti un contrat aussi lucratif sur un aussi long terme. Est-ce sa préparation mentale ? Nous pouvons spéculer très longtemps sans trouver. Seul Carey et ceux avec qui il partage ses secrets le savent. Nous ne pouvons que présumer.

LE FOCUS est mon hypothèse. Pas le focus durant une séquence de jeu. Pas le focus durant un match ou une portion de la saison. Pas le focus sur une saison complète. Carey Price a, possiblement, perdu le focus sur sa carrière ! Personne ne peut contester le fait que le gardien, qui était encore tout récemment considéré comme le meilleur par nul autre que Sidney Crosby, joue de la même façon que lors de sa pire et non la moindre. Mais a-t-il seulement envie de se défoncer pour être le meilleur ? Il le souhaite j’en suis certain. Fait-il ce qu’il faut ?

Ne parlons même pas de statistiques. Parlons de ce que nous voyons. Avez-vous vu un signe qui vous fait dire « Okay, le Price qu’on connait est de retour ! »? Price a fait de beaux arrêts, bien sûr. Il a bien fait quelques très beaux déplacements aussi et même un où il a sorti la mitaine !

Je parle d’un signe comme « Carey semble aussi alerte que dans sa grosse saison » ou « On dirait le Price de la Coupe du monde ou des Olympiques ». Le Price qui arrêtait absolument tout durant le début de saison après la Coupe du monde. Impénétrable ! Seul un tir dévié pouvait le déjouer. Jusqu’à l’épisode Palmieri et ensuite celui du regard. On aimerait revoir le gardien intimidant, gros devant son filet, vif et fluide à la fois, alerte, digne des Plante et Roy, aussi bon que Brodeur autour du filet. Confiant. Inébranlable. Non. Nous n’avons rien vu de ça, bien au contraire.

Le Focus. Parlant de Sidney, lors de la semaine de relâche. Que fait Sid the Kid? À l’aube, il va sur les patinoires extérieures à Mont-Tremblant, à -50, avec sa copine qui gèle sur le bord de la bande, pour pratiquer des jeux qu’il désirait améliorer avec le jeune qui s’y trouvait. Où trouve-t-on Sydney durant une bonne partie de l’été ? Sur les patinoires avec d’autres joueurs de LNH, qui veulent S’AMÉLIORER, être vraiment aussi bon que possible.

L’ancien de l’Océanic de Rimouski a exactement le même âge que Price. Il a été repêché la même année. Il prend encore les bouchées doubles. Les spécialistes disent qu’un joueur de hockey ralentit dans la trentaine. Bien sûr parce que c’est la nature, mais beaucoup parce que vers la fin de la carrière, quand tu es confortable, satisfait, inconsciemment sur une sorte de pilote automatique, tu arrêtes l’entrainement de haut niveau à haute intensité. Tu n’es plus prêt à faire les sacrifices nécessaires.

Tu perds le focus… et il arrive ce qui arrive. Irrémédiablement ? Carey nous donnera la réponse d’ici la fin du mois.

Jorge Rodrigues

Crédit Photo: thestar.com

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