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Jonathan Drouin, en quête d’identité

Le weekend dernier, sur une chaîne sportive, des joueurs du CH répondaient à des questions à saveur humoristique. L’une d’elles était « Si tu étais perdu dans la forêt avec un de tes coéquipiers, avec lequel tu ne voudrais pas te retrouver ». Ainsi donc, Charles Hudon, souriant, je dois dire, répond… Jonathan Drouin ! Au lieu de me tirer un sourire, cette réponse m’a porté à réfléchir. Jonathan, avec sa tignasse de coureur des bois, vraiment ?

Peut-être voulait-il seulement taquiner son ami Joe. Ce qui est le plus interpellant, c’est la raison pour laquelle Charles ne voulait pas se retrouver dans le bois avec Jonathan Drouin. Hudon explique que son ami a tendance à faire faire les choses par les autres. C’est à ce moment que mon moulin à pensées s’est activé. Quel profil peut bien représenter un joueur qui agirait ainsi dans ces circonstances ? Après ce premier questionnement, plusieurs ont suivi.

Sa saison de 13 buts et 46 points, celle qui nous a laissé sur notre appétit. Était-ce qu’une mauvaise saison ? Est-il un joueur dont le talent abonde, mais qui n’arrive pas à élever son jeu au niveau qu’il devrait ? Est-il le type de joueur qui se questionne VRAIMENT ? Lorsque quelque chose ne fonctionne pas, il y a toujours une raison. Jusqu’à aujourd’hui, rien ne laisse croire qu’il a trouvé les réponses.

Drouin a absolument tous les atouts pour être une étoile dans la meilleure ligue. Pourquoi l’ancien Lightning tarde à exploser ? Les deux premiers matchs nous laissent penser que cette saison pourrait ressembler à la dernière. Bien sûr qu’il est encore tôt pour paniquer, mais pas pour réfléchir!

Prenons l’exemple du boxeur Eleider Alvarez, qui fait vivre sa famille en Colombie en remportant des victoires avec ses poings. La victoire n’est pas importante pour lui, elle est primordiale !

Il sait pourquoi il boxe. Il boxe avec l’énergie qui anime les grands sportifs dans les grands moments pour les raisons qui leur sont propres. C’est à l’athlète de les trouver.

Est-ce que Drouin sait au moins ce qui l’anime ?

Quel est réellement son but ?

Est-il noble ?

« Je suis le joueur le plus important de l’équipe et je vais la mener à la victoire » ou aspire-t-il simplement à jouer « au meilleur de ses capacités » ? Sait-il toucher la grâce qui transporte les Lafleur ? Sans cela, un joueur de finesse n’arrive pas à être utile dans la LNH.

Jonathan Drouin ne joue pas encore comme ce 3e choix en qui Steve Yzerman fondait beaucoup d’espoir. Nous sommes encore à l’étape de savoir qui il est réellement. Yzerman l’a compris. Le doute sur son identité persistait. Il était hors de question de lui offrir un lucratif contrat. L’ancien DG de Tampa Bay a préféré miser sur les Johnson, Point, Palat et Gourde. Mikhail Sergachev était un meilleur risque. Bergevin, lui a pris le pari.

Quel est le lien avec la question posée à Hudon ?

Je suis persuadé que Sidney Crosby ne ferait pas les choses par les autres. La suite n’est qu’une succession de points d’interrogation. Aucune sommité en hockey n’a été en mesure de nous éclairer au sujet de Drouin. La bête conclusion est qu’en ce début de saison 2018-19, nous n’en savons encore rien. Il ne manque qu’à lui faire confiance.

Crédit photo : nhl.com

Jorge Rodrigues
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