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The Ageless Wonder

Une page historique vient de se tourner dans la Ligue nationale. Les Flames de Calgary ont soumis le nom de Jaromir Jagr au ballottage. Aucune équipe n’a réclamé ses services, forçant ainsi le #68 à rentrer au bercail en République tchèque. Un chapitre mettant fin au périple de Jagr en Amérique du Nord.

Une carrière de 24 ans dans la LNH, cumulant tous ses passages à travers neuf uniformes différents.

Dès son âge junior, Jagr attira l’attention sur lui. Non seulement pour ses performances sur la glace, mais également, sa magnifique coupe Longueuil. Les Penguins de Pittsburgh ont sélectionné l’attaquant tchèque au cinquième échelon du repêchage de 1990.

Dès son arrivée dans la grande ligue, les Penguins ont célébré en grand la venue de Jaromir Jagr. Une fête d’accueil avait été organisée en l’honneur du nouvel arrivant. En bon vétéran, Mario Lemieux prit le poulain sous son aile. Craig Patrick avait vu juste, Jagr allait devenir un monument du hockey.

Lemieux étant hospitalisé au début de la campagne 1990-1991, tous les yeux étaient rivés sur le jeune espoir de l’organisation. En l’absence du « Magnifique », Jagr connait quelques difficultés, récoltant un seul petit point à ses quinze premiers matchs. Le point tournant de la saison de Jagr aura été l’acquisition de Jiri Hrdina des Flames de Calgary. Le jeune attaquant des Pens avait maintenant quelqu’un avec qui parler dans sa langue maternelle.

La venue d’Hrdina aura donné des ailes à Jagr. Il accumule les points à la pelletée et laisse une meilleure impression aux partisans. Il termine sa première saison au cinquième rang des pointeurs chez les Penguins avec un total de 57 points. Il se fera ravir le trophée Calder par le gardien de but des Blackhawks de Chicago, Ed Belfour. Jagr peut quand même se réjouir, alors qu’il inscrit son nom sur la Coupe Stanley dès sa campagne recrue.

Les débuts de rêve de Jagr se poursuivent lors de la saison 1991-1992. À sa deuxième campagne en sol nord-américain, le jeune attaquant tchèque s’adapte au style de jeu américain. Encore dans l’ombre de Mario Lemieux, il obtient sa part de points avec une récolte de 69 points en 70 rencontres. Ce sont cependant ses performances lors des séries qui lui valent son pesant d’or. Il enregistra 24 points pour aider les Penguins à remporter une deuxième Coupe Stanley consécutive.

Les années se suivent, et Jagr devient de plus en plus une pièce maîtresse de l’attaque de Pittsburgh. En compagnie de Mario Lemieux, les deux hommes donnaient littéralement des cauchemars aux défensives adverses. Pas pour rien que Jagr était appelé Mario Junior. Les points pleuvent de partout pour le tchèque, avec notamment des saisons de 99 points, 149 (95-96), 102 (97-98), 127 (98-99) et 121 à sa dernière campagne dans l’uniforme blanc-noir-jaune en 2000-2001.

Le bleu s’en suit

À l’été 2001, la planète hockey est secouée par une transaction entre les Penguins de Pittsburgh et les Capitals de Washington. Jaromir Jagr passe des Penguins pour rejoindre la capitale américaine, en retour de Kris Beech, Michael Sivek, Ross Lupaschuck, en plus de quelques considérations ultérieures.

Les Capitals accorderont le traitement de faveur à l’endroit de Jagr. Les deux clans s’entendent sur un imposant contrat de sept ans,  avoisinant les onze millions de dollars par saison. Il est devenu le joueur le mieux payé à l’époque. Encore aujourd’hui, ce contrat fait partie des plus lucratifs de l’ère moderne de la LNH.

Étant moins bien entouré qu’à Pittsburgh, Jagr connaîtra quelques ratés à Washington. Sa production offensive diminue à vue d’oeil. Il enfilera des saisons de 79 et 77 points lors de ses deux premières campagnes avec les Capitals.

En 2003-2004, voyant qu’ils ont peut-être effectué une erreur en accordant autant d’argent à Jagr, les Capitals tentent de l’échanger. Principalement, pour se créer de la place sur la masse salariale. Les Caps trouvent une entente avec les Rangers de New York. Anson Carter est impliqué dans cette transaction en prenant le chemin de Washington pour les services de Jagr. Une partie du salaire de ce dernier est également incluse dans l’échange. Il accumulera 29 points avec sa nouvelle équipe, mais ce fut insuffisant pour les Blue Shirts de participer à la danse du printemps. Entre temps, le visage des Caps allait changé avec la sélection d’un jeune attaquant russe, un certain Alexander Ovechkin.

La LNH a été frappée par un lock-out en 2004-2005. Le #68 s’envola pour sa contrée natale, avant de prendre la direction de la KHL en Russie. À la fin de l’arrêt de travail, Jagr reviendra dans la grosse pomme pour disputer trois autres saisons avec les Rangers. Il connaîtra d’ailleurs sa meilleure campagne depuis un certain en 2004-2005, s’emparant du deuxième rang des meilleurs marqueurs du circuit avec 123 points.

Une décision amère

Son contrat achevé à la fin de la saison 2007-2008, Jagr prend tout le monde par surprise. Il annonce son retrait de la LNH et retourne en Russie pour évoluer avec l’Avangard d’Omsk dans la KHL. Une décision qui laissa un goût de travers à bien des partisans dans le circuit Bettman. Avant son départ pour la Russie, il avait récolté un impressionnant total de 1599 points en saison régulière.

Lors du repêchage de 2007, les Rangers de New York jettent leur dévolu sur l’espoir russe, Alexei Cherapanov, un coéquipier de Jagr. À l’image de Lemieux à son arrivée à Pittsburgh, Jagr prendra le jeune sous son aile. Malheureusement, ce nouveau chapitre prendra une tournure amère, avec le décès de Cherapanov à l’âge de 19 ans. Ce dernier a subi un malaise lors d’une rencontre contre le Vitaz de Tchekhov le 13 octobre 2008.

Vraies ou fausses ?

Les rumeurs circulent à la vitesse grand V à travers la planète hockey. À la fin de sa première campagne avec Omsk, Jagr exprime son désir de revenir en sol nord-américain avec comme objectif, la Ligue nationale. Évidemment, le Québec s’enflamme devant cette annonce et supplie le directeur général du Canadien à l’époque, Bob Gainey, de sauter sur l’occasion.

Le jeu du chat et de la souris se poursuit encore pendant deux ans. Chaque jour, de nouvelles rumeurs semblent venir de la Russie concernant la situation de Jaromir Jagr.  Allait-il revenir dans la LNH un jour ? Qui allait prendre la chance de mettre sous contrat un joueur approchant la quarantaine, et ce, même s’il présentait une forme incroyable ?

Le grand jour arriva !

Le supplice se termina le 1er juillet 2011. À l’âge de 39 ans, Jaromir Jagr signa un contrat d’un an avec les Flyers de Philadelphie. La légende était de retour dans la Ligue nationale. Partout en Amérique du Nord, les partisans ne pouvaient cacher leur excitation.

Dès son retour, à son premier match avec les Flyers, il franchit un plateau important. Il obtient une mention d’assistance sur le but victorieux de Claude Giroux, récoltant au passage, son 1600e point en carrière. Jagr disputa qu’une saison dans le chandail orange des Flyers, finissant troisième pointeur de l’équipe avec 54 points.

Jouer jusqu’à 50 ans ?

À le voir aller sur la patinoire, Jagr ne faisait pas son âge. Malgré la quarantaine, il était encore rapide sur patins, possédait des mains habiles, sans oublier sa présence physique devant le filet et dans les coins de patinoire.

Les saisons s’enchaînent, et les uniformes changent pour le tchèque après le lock-out de 2012. En l’espace de cinq ans, il porta les couleurs des Stars de Dallas, les Bruins de Boston, les Devils du New Jersey et les Panthers de la Floride.

Il trouva sa niche sous le chaud soleil du Sud, avec trois campagnes avec les Panthers. Un rôle de leader l’attendait avec cette jeune équipe, notamment auprès d’Aleksander Barkov et Jonathan Huberdeau. Lors de la campagne 2015-2016, âgé de 43 ans, le train roulait à plein régime pour Jagr. Il époustoufla tout le monde en terminant la saison avec 66 points, un sommet chez les Panthers. Tout portait à croire que son objectif de jouer à 50 ans dans la Ligue nationale était en fait, atteignable. À la fin de la dernière saison, la Floride a décidé de ne pas renouveler le contrat du vétéran.

2017-2018 commença sur les chapeaux de roues pour l’infatigable Jagr. Démontrant toujours une forme splendide, aucune équipe de la LNH n’accorda un contrat au #68. Début du mois d’octobre, les Flames de Calgary prennent une chance en lui accordant un contrat d’un an. L’expérience n’aura pas été fructueuse malheureusement… Quelques mois plus tard, les Flames soumettent son nom au ballottage, étant laissé vacant… Jagr prendra la direction de Kladno dans les prochains jours pour évoluer dans son pays natal, la République tchèque.

Jaromir Jagr aura certainement marqué l’imaginaire des partisans. En passant par son incroyable coupe Longueuil, ses montées à l’emporte-pièce, ses célébrations d’après but, sa personnalité attachante et j’en passe. Ses 1921 points sont bien positionnés au deuxième rang des meilleurs marqueurs dans l’histoire de la ligue derrière Wayne Gretzky.

Quel sera maintenant le prochain chapitre de la saga Jaromir Jagr ? Une participation hâtive aux Jeux olympiques ? Un éventuel retour dans la LNH ? Va-t-il atteindre son objectif de jouer jusqu’à 50 ans ? Seul l’avenir le dira !

Jaromir, merci beaucoup !

Crédit photo : NHL – Calgary Sun

Crédit vidéos : NHL – NTDTV

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